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LETTRE A COURBIS

numérisation0010“Lolo Paga” (pour les toulonnais alias Laurent Paganelli) a si bien résumé l’état d’esprit où se trouvent ceux qui aiment ce brave Rolland Courbis. Cette lettre a été écrite pour son autobiographie “Paga à Nu” paru bien avant l’arrestation de Rolland…

LETTRE A COURBIS

Mon Obélix.

J’espère qu’au moment où tu liras ces lignes, tu seras en train de fêter la montée de Montpellier en L1, et qu’il n’auront pas encore eu la mauvaise idée de t’enfermer dans une cage à lapins. Ils auront peut-être eu l’intelligence de te laisser en liberté pour te permettre de rendre l’argent que tu leur a si gentiment emprunté ?

Je t’avais dit de faire de la politique ! Si tu avais été maire ou ministre, non seulement tu serais tranquille, mais ils t’auraient remis la Légion d’Honneur pour services rendus au football français.
Je vais donc, si tu le permets, prendre un instant la place de tes avocats.

Déjà, si tu pouvais toucher des royalties sur tous ceux que tu as aidés dans le foot, tu pourrais non seulement racheter ta liberté mais aussi le Crédit Lyonnais !
Je me souviens de la fois où tu m’as donné des sous, alors que j’étais en pleine galère.  D’où qu’il vienne, cet argent, c’est moi qui l’ai dépensé et pas toi. Le jour où tu m’as emmené soigner mes “adducs” chez Henri Chenot, à 1000 kilomètres de Toulon… Tout ce temps à t’occuper de moi.
Quand on établira un tarif pour le temps passé à aider et à s’occuper des autres, on se rendra compte que tu as peut-être le plus gros salaire du football. Et que tu ne l’as pas volé.
L’hôtel est ta seule maison. Et puis c’est avec les autres que tu te sens bien. Combien sont-ils qui t’ont côtoyé, qui sont devenus de grands joueurs et se sont enrichis un peu grâce à toi ?
Ce qui me rassure, quand même, c’est que tu as toujours eu de la chance. Ou plutôt, c’est la chance qui a dù te choisir. D’ailleurs, la dernière voyante qui t’a tirée les cartes, tu l’as gagnée à la belotte !
Tu as tellement pas la scoumoune que même avec deux balles, on ne peut pas t’avoir. Je suis sûr que ce jour-là, la balle a dévié quand elle a vu que c’était toi. Mais je sais aussi que ce jour-là tu as perdu une vie. Tu es comme les chats : tu as plusieurs vies,, c’est ce qui te sauve.

Malheureusement, pour tout le monde et surtout pour toi, les choses s’accélèrent, les aiguilles ne s’arrêtent jamais.
Il faut être stupide pour croire que trois barreaux et une porte pourraient te faire payer quoi que ce soit. De ta cellule, tu continuerais à faire payer quoi que ce soit. De ta cellule, tu continuerais à faire la compo de Montpellier ; avec un tam-tam ou une “cibie”, s’il le fallait, tu ferais ton émission sur RMC et tu battrais des records d’audience ; toutes les femmes t’écriraient des lettres d’amour qui te feraient  passer des nuits torrides ; et tui jouerais même à la coinche avec les gardiens de prison, pour leur gagner les clefs ! Tu serais bien capable, à l’interieur de la prison, de trouver un nouveau Zidane…
Tu as toujours été un peu en avance sur les autres mais tu le sais : “Il n’y a pas de précurseurs, il n’y a que des retardataires !” On ne peut avoir, de son perchoir, une seule vision des choses. Mais  tant qu’il n’y aura pas de justice, il n’y aura pas de paix.

A mon avix, ils ne vont pas te faire de cadeaux, il vont te laisser dehors pour te punir ! Et puis, s’ils t’enfermaient, tu leur écrirais un livre qu’ils regretteraient toute leur vie… Ils ne vont pas te donner le crayon pour te faire battre !
De toute façon, tu n’as tué personne que je sache (ou alors il le méritait). Finalement, on t’accuse de quoi, au juste ? D’avoir oeuvré à l’embauche à Toulon ou à Marseille ? D’avoir aidé les politique à améliorer la vie sociale et sportive de la ville ? Tu peux, sans problème, organiser un match dans les quartiers, dans les prisons et même contre les flics, à condition de le gagner ! L’argent que tu as eu entre les mains en a touché bien d’autres. Il y en a, dans ce monde, qui ont tellement les mains sales, que même avec douze savons de Marseille et de l’eau de Lourdes, elles ne retrouveraient pas leur éclat.
Il y en a qui ont assassiné, violé, on ne va pas quand même pas te mettre en prison parce que tu as soi-disant lésé l’Etat ! Que je sache, je n’ai jamais entendu un juge ou un avocat se plainde des 75 milliards  d’euros volés chaque année par les niches fiscales ? Si tu avais su qu’il existait déjà un tas de magouilles légales, tu aurais pu créer les niches fiscales du foot et ainsi ne jamais être inquiété.
Les gens ne comprendront pas que l’on t’enferme. Ils t’aiment parce que tu es comme ça. On a besoin de de grandes gueules comme toi.
Quand on a commencé à assassiner, enfermer ou museler les Jaures, Mandela, Betancourt ou même à traquer les Arsène Lupin ou les Spaggiari, c’est la liberté qui a été bafouée. Il faut savoir prendre des risques, par moments, pour que les choses avancent.
Tu es comme pas mal d’entre nous un enfant de la rue. Tu n’as pas été élevé par papa et maman qui te passaient tes caprices, mais tu as grandi avec des valeurs. Tu as connu l’injustice, et quelle que soit la façon dont tu t’es vengé, tu l’as toujours fait avec fierté et honneur.
Alors s’il vous plaît, Magistrats et politiques, revenez sur terre. Revenez vous mélanger à nous, les gueux, et vous verrez que si vous organisez un référendum sur la culpabilité de Rolland Courbis, c’est à vous que l’on coupera la tête. Et que c’est vous que l’on enverra au gorille.

 

LAURENT PAGANELLI

galerie-membre,france-pyrenees,pyrenees-orientales-2800m-pres-de-mont-louis-1613m-08-6-cpf-202Cette histoire est la vôtre… (Paroles Marc Estève-Art Mengo/Art Mengo)

 

art mengo

RANDONNEE EN FAMILLE   

(issu de l’album“Sujet Libre” d’Art Mengo paroles Marc Estève, Art Mengo/Art Mengo)

Marcher, marcher vers les sommets
Cols relevés, phalanges glaces
Les bras tendus vers le salut
Ont bien fini par les chasser
Un sentier dans les Pyrénées
Qui sentait moins fort le sapin
Qu’une Espagne en bord de ravin.

Lever le pied, lever le pied
Mais ne surtout pas ralentir
Lever le pied et s’élever
Quand l’heure est grave, il faut gravir
Cette année-là on s’en souvient
Il n’y avait pas 36 chemins
Que de randonner en famille.

Déracinés mais rassemblés
De l’autre côté des névés
Du Rivesaltes, des lits de camps
Et la morale pour les perdants
Une piste pour se consoler
Une trouée dans les montagnes
Pour changer de costume de bagne

Lever le pied, lever le pied
Pour que les gamins, les gamines,
Attablés sous un noisetier
Oublient nos anciennes collines
Cette année-là on s’en souvient
Il n’y avait pas 36 chemins
Que de randonner en famille.

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